Nicolas Sarkozy, ayant développé sa vision de l'Europe le 8 septembre dernier à Bruxelles, Ségolène Royal s'est empressée de l'y suivre pour une visite de «courtoisie» au Président de la Commission, José Manuel Barroso, annonçant qu'elle ne dirait pas un mot, du moins pour cette fois - apparemment elle n'a pas plus de programme européen que de national ! Mais la tentation de s'exprimer devant les caméras a été la plus forte et 5 minutes lui ont suffi pour délivrer son message : «elle refuse toute réforme institutionnelle à brève échéance et estime que claquer la porte de l'Union au nez de la Turquie serait une erreur» ! (Libération, 14.09.06). Elle a en effet expliqué «que toute déclaration brutale comme celle qu'on a entendue rejetant la Turquie aurait des effets désastreux» et que l'on pouvait «craindre qu'un tel rejet puisse favoriser des mouvements fondamentalistes en Turquie et faire sombrer la démocratie». Toutefois, Ségolène Royal n'a pas totalement écarté l'hypothèse d'un éventuel partenariat privilégié avec la Turquie (Le Parisien, 14.09.06). C'est vrai que Mme Royal se devait d'être très prudente dans ses propos puisque le PS est toujours divisé sur la question de l'Europe entre les «ouiouistes» et les «nonistes»... Philippe de Villiers, quant à lui, n'a jamais varié d'un iota sur sa vision de l'Europe : il se bat depuis des années pour que la fuite en avant de l'Union européenne, basée sur des dogmes idéologiques, soit stoppée - ce que la victoire du «non» au référendum du 29 mai 2005 a permis ! - et que l'on établisse une «Charte fondatrice pour une nouvelle Europe», encadrant strictement la construction européenne sur la base de principes simples et de bon sens : un périmètre délimité avec des frontières précises conformes à l'histoire, à la géographie et à la culture européenne, c'est-à-dire sans la Turquie ; une structure démocratique permettant de donner les clés de notre destin aux peuples et non à des commissaires-fonctionnaires ; enfin un projet basé sur la coopération libre entre les Etats.